Interview Olwenn Zwer

  • Une petite présentation en quelques mots ? Olwenn Zwer, 30 ans, dessinatrice et auteur, photographe de plateau et graphiste pour le théâtre.
  • Et ton parcours ? Deux ans aux beaux-arts où j’ai fait un peu près tout et n’importe quoi et deux ans à l’Iconograf où je me suis professionnalisée dans le dessin.
  • Tu as toujours voulu être dessinateur ? J’ai très vite préférée le dessin au langage. Dès le départ, j’étais ultra minutieuse : peindre l’intérieur des oreilles du chat, l’interstice entre mes doigts de pieds... À la maternelle, une institutrice excédée de me voir user les feutres en voulant faire un ciel parfait a esquissé un immonde gribouillis bleu sur mon dessin. Elle n’a fait qu’exacerber mon obsession pour les aplats bien propres et les contours bien nets.
  • Pourquoi la BD ? Je suis d’abord dessinatrice. La BD, c’est comme une extension de mes illustrations. Je pars de l’une d’entre elles et j’en étends la narration dans le temps et l’espace.
  • Quelles sont tes motivations pour participer à ce projet ? J’ai rejoint l’équipe de Watch courant 2014. C’est la première fois que je suis éditée et sur un projet aussi conséquent c’est très stimulant! L’éditeur met à disposition un lieu de travail collectif, ce qui est rarissime. Être suivi de près quand on débute, discuter sur le moment des problèmes narratifs ou techniques qui se présentent au lieu de se morfondre seul chez soi : les conditions de travail sont optimales pour mettre le pied à l’étrier.
  • Can you tell us about MOOG, your comic story? At the beginning of "Moog" there is a news story, that of an infanticide mother. I made her a daughter, Elizabeth, and I decided to tell the story from her point of view. How will she react? How will she interact with her surroundings? More broadly, I try to question through this story the notion of standards: what is family? Morality? Madness? All on the fantasy mode.
  • Tes loisirs ? La photo dans mon mini studio en kit. Je suis entourée de très jolies femmes et j’aime les mettre en scène dans des situations absurdes ou décalées. Plus récemment le tatouage. Je viens de recevoir ma première machine! J’ai encore pas mal de savoir-faire technique à acquérir, mais j’espère pouvoir piquer d’ici 2017.

  • En un mot, comment définirais-tu ton style ? En deux mots : propre et net.

 

  • Si tu étais un héros de BD, tu serais... ? Booga, le kangourou qui fricote avec Tank Girl dans la série éponyme de Jamie Hewlett.

     

  • Quel auteur est ou a été une inspiration pour toi ? L'artiste qui m'a le plus influencé n'est pas auteur de BD mais réalisateur : David Cronenberg. Des atomes plus que crochus avec ses thématiques et une admiration sans bornes pour chacune de ses réalisations.

     

  • Quelles sont tes BD favorites, que tu voudrais conseiller ?

    « Les passagers du vent » de Bourgeon
    « Black Hole » de Charles Burns
    « Le roi des mouches » de Mezzo et Pirus « Les Noceurs » de Brecht Evens

     

  • Il y a un sujet en particulier qui te tient à coeur, que tu veux transmettre dans tes BD ? Cela fait maintenant deux ans que je travaille sur le thème de l’enfance au travers d’une série d’illustrations intitulée "Childwood". Le projet "Moog" vient en quelque sorte prolonger et clôturer cette réflexion graphique. Comme si l'une des petites filles présente dans les illustrations se mettait à grandir. Les notions de choc post-traumatique et de résilience se dessinent. Après « Moog », la suite logique se situera probablement autour des notions de racines, d’épigénétique et de psychogénéalogie.

     

  • Qu’est ce que tu préfères dans ton travail ? Sa polyvalence. Il suffit d'un crayon, d'un papier, d'un peu de curiosité et d'application pour être le scénariste, le décorateur, l’éclairagiste, le metteur en scène, le cadreur, le monteur etc.

     

  • Et ce que tu aimes le moins ? Les gens bien intentionnés qui me suggèrent de trouver un véritable métier.

     

  • Peux-tu nous décrire une de tes journées type ? Quand je travaille pour Watch, c'est particulier, car je suis lyonnaise. Je viens à Strasbourg en résidence et je dors chez ma mère qui vit à Kehl, en Allemagne. Soit deux heures de transport en commun hebdomadaires. Le matin je rame, l'après-midi j'ai un petit rythme de croisière et je termine le boulot le soir, moment de la journée où je suis la plus productive. Je viens un mois ou deux, en mode studieux, puis je retourne à Lyon voir les copains et décompresser avant de repartir.

 

  • Quels sont tes outils de travail ? Papier machine 80 grammes / crayon / papier lavis 160 grammes / scotch / table lumineuse / pentel / scanner / photoshop.